Europe : la France n'a "aucune intention" de renoncer au siège du Parlement à Strasbourg

Dans l'actualité du moment, voici un article publié dans France 3 Grand-Est le 5 juillet 2017.

"La France n'a "aucune intention" de renoncer à ce que Strasbourg soit le siège du Parlement européen, a affirmé mercredi la ministre chargée des Affaires européennes, Nathalie Loiseau, lors d'une rencontre avec des journalistes.

"Il n'y a aucune ambiguïté sur la position du président de la République en faveur de Strasbourg siège du Parlement européen", a déclaré Mme Loiseau, en marge de la session plénière réunie depuis lundi dans la capitale alsacienne. "Il n'y a pas l'ombre d'une évolution ou d'une nuance sur la position française", a-t-elle insisté, alors que les eurodéputés devaient débattre dans la soirée du souhait de la majorité d'entre eux de travailler exclusivement à Bruxelles.

"Le siège du Parlement européen est à Strasbourg du fait des traités", a fait valoir la ministre française. La capitale alsacienne est également "le lieu de la réconciliation historique de l'Europe" et "c'est aussi le symbole de l'avenir, qui est que l'UE soit proche des préoccupations des citoyens, des territoires, qu'elle veille attentivement à ne pas vivre dans une bulle", a-t-elle argumenté. Mme Loiseau a assuré que les autorités françaises continueraient "à faire en sorte que les conditions de travail à Strasbourg soient les meilleures possibles" pour les députés.

Cette mise au point de la ministre intervenait avant que les eurodéputés ne débattent dans l'hémicycle strasbourgeois de cette question controversée.
Le débat a été relancé récemment par des spéculations selon lesquelles le gouvernement français aurait pu accepter de renoncer au Parlement en échange de l'installation à Strasbourg de l'Agence européenne du médicament (EMA), qui doit quitter Londres en raison du Brexit. La relocalisation de l'EMA est une "opportunité fantastique" d'avancer sur ce dossier, a ainsi plaidé la conservatrice suédoise Anna Maria Corazza Bildt, une élue en pointe dans le combat anti-Strasbourg.

Transhumances permanentes

"Nous voulons une solution gagnant-gagnant, nous sommes prêts à aller à l'Elysée pour le dire, et j'espère que nous y serons accueillis dans un esprit constructif", a-t-elle avancé. D'autres députés pro-Bruxelles ont multiplié les arguments pour dénoncer le "gaspillage" et l'"absurdité" des transhumances entre les deux villes. Pour la libérale belge Frédérique Ries, Strasbourg est certes un symbole de la réconciliation franco-allemande, mais "les symboles doivent être bousculés et modernisés" car "Strasbourg est devenu celui de la mal-gouvernance". "Ce cirque itinérant coûte 114 millions d'euros par an, pour utiliser un bâtiment qui reste vide les trois quarts du temps", a argué l'écologiste autrichienne Ulrike Lunacek. Dans le camp adverse, plusieurs députés français ont défendu Strasbourg.

La conservatrice Anne Sander a ainsi qualifié l'idée de troquer le Parlement contre l'EMA de "proposition de marchand de tapis". Cette "bataille du siège" est un feuilleton régulièrement relancé par les plaintes d'eurodéputés lassés de faire la navette entre Strasbourg et Bruxelles. Selon les traités européens, le Parlement européen a son siège à Strasbourg, où doivent se tenir douze sessions plénières par an. Le reste du temps, les eurodéputés travaillent à Bruxelles, notamment en commission. Les partisans d'un siège unique à Bruxelles se heurtent à la nécessité de modifier les Traités, qui suppose l'unanimité des 28, et donc le consentement de Paris.

Quant à la ville devant accueillir l'EMA, elle doit être choisie par les Etats membres, via un un vote en octobre. La France a proposé la candidature de Lille, et non Strasbourg."

https://france3-regions.francetvinfo.fr/grand-est/bas-rhin/strasbourg-0/europe-france-n-aucune-intention-renoncer-au-siege-du-parlement-strasbourg-1292797.html

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