Parlement européen : l’absurdité des travaux du bâtiment de Bruxelles

Voici le post d'une blogueuse suisse, Caroline Iberg, publié le 15 juin 2017.

500 millions d’euros. C’est le montant estimé pour les travaux nécessaires à l’assainissement du siège du Parlement à Bruxelles, révèle le site spécialisé Politico.eu. Ce bâtiment vieux d’à peine vingt-cinq ans menace déjà de s’effondrer et ne respecte plus les normes de sécurité. A tel point que l’idée fait son chemin de le détruire complètement afin de construire un nouveau complexe. Ce projet est d’autant plus absurde que le siège principal du Parlement européen se trouve à Strasbourg, lieu où se déroulent déjà toutes les sessions de l’organe législatif. Ne serait-ce pas plutôt l’occasion rêvée d’établir la ville française comme siège unique ?

Cette idée n’est pas nouvelle et est soutenue par un certain nombre de députés européens, à l’instar de la française Anne Sander (PPE) ou de l’allemand Arne Gericke (MdEP). Malheureusement sans grand soutien de leurs pairs jusqu’à présent. Pire, ces derniers ont voté le 15 février dernier en faveur de la résolution de l’ancien chef du gouvernement belge, Guy Verhofstadt, qui vise à fixer un siège unique – vraisemblablement à Bruxelles.

L’annonce des coûts exorbitants pour le bâtiment Paul Henri Spaak doit pouvoir être le signal d’un changement majeur. Alors qu’une étude de 2011 montre que les déplacements mensuels à Strasbourg engendrent une facture de près de 200 millions d’euros par an, ainsi qu’une empreinte carbone de 18 884 tonnes de Co2, l’installation à Strasbourg économiserait à la fois ces frais et ceux des travaux à Bruxelles. De plus, le frein actuel à la mise en place d’un siège unique, à savoir la modification des traités, deviendra caduc ces prochains mois,le Brexit appelant au renouvellement des textes officiels.

Cependant, la solution strasbourgeoise ne semble absolument pas être en tête de liste des priorités du Parlement européen. Réunis lundi à Strasbourg, le président et les vice-présidents ont chargé le secrétaire général Klaus Welle d’envisager « à un stade ultérieur », « toutes les options potentielles soumises à discussion », révèle la Radio Télévision Belge Francophone (RTBF), celles-ci incluant le statu quo, la rénovation et la reconstruction. En attendant que l’avenir du bâtiment soit arrêté, M. Welle devra aussi « prendre toutes les mesures nécessaires pour assurer la sécurité du bâtiment et du personnel ». Autant dire que l’idée strasbourgeoise peine à progresser.

Le nouveau président français Emmanuel Macron a fait de sa vision proeuropéenne le leitmotiv de sa campagne durant laquelle il avait même soutenu publiquement le siège alsacien. Il est temps qu’il confirme son attachement à la ville la plus européenne de France et son souhait de voir son pays rester un pôle important de cette Union qui lui est si chère.

https://blogs.letemps.ch/caroline-iberg/2017/06/15/parlement-europeen-labsurdite-des-travaux-du-batiment-de-bruxelles/

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